Entretien des chaînes à rouleaux


Montage et entretien des chaînes à rouleaux

Les causes de l’usure rapide et de la mise hors service prématurée des chaînes échappent encore beaucoup à leurs utilisateurs.

Quoique les soins qu’on leur prodigue aient une influence primordiale sur leur durée et sur le rendement de la transmission, il est rare qu’on les entretienne convenablement. Dans la plupart des cas, on rejette l’usure prématurée d’une chaîne sur sa qualité et l’on en réclame à tort le remplacement au fournisseur. Les explications qui suivent ont pour but de conseiller aux usagers la marche à suivre pour obtenir un long service de leurs chaînes.

Qu’il s’agisse d’une chaîne de moto ou de transmission, il est avant tout absolument indispensable de lui accorder régulièrement les soins qu’elle réclame.

Pour arriver à obtenir le meilleur usage de la chaîne et le rendement optimum de la transmission de force entre moteur et roues entraînées, il faut assurer à la chaîne un graissage approprié et veiller au montage correct de la transmission. Dans les chaînes à rouleaux, des frictions se produisent d’une part entre l’axe et le faux rouleau et d’autre part entre le faux rouleau et le rouleau proprement dit. Ces pièces sont fabriquées avec des matériaux de toute première qualité, trempées et cémentées sur toute leur surface pour opposer une plus forte résis­tance à l’usure. Il y a donc lieu de veiller particulièrement à maintenir le plus longtemps possible la surface dure de ces pièces qui frottent constamment les unes contre les autres. Leur vie sera d’autant plus grande qu’elles seront plus abondamment et plus souvent en contact avec un bon lubrifiant. Mais ceci ne sera possible que par un graissage adéquat après nettoyage préalable (pour les transmissions travaillant à l’air libre dans des circonstances normales, environ tous les 3 à 6 mois). Ce nettoyage, qui consiste à rendre parfaitement mobiles toutes les articulations, ne doit toutefois pas se limiter aux parties extérieures et visibles des maillons, mais principalement s’éten­dre aux pièces intérieures.

Pour nettoyer la chaîne extérieurement, on la rincera dans du pétrole ou de l’essence, ou dans une solution bouil­lante , en la brossant si nécessaire au moyen d’une brosse dure ou d’une brosse métallique. Mais avant tout, il faut aussi nettoyer les pièces intérieures, pour les libérer du cambouis qui s’y est formé. Pour y arriver, on trempe la chaîne 24 heures environ dans du pétrole, afin de ramollir la vieille graisse durcie ainsi que les poussières. Lorsque la chaîne est bien nettoyée, on ne doit plus entendre aucun bruit (grattement) lorsqu’on fait jouer les maillons consécutifs. Sur une chaîne qui n’a pas été convenablement nettoyée, le cambouis qui est resté à l’intérieur des articulations forme avec le nouveau lubri­fiant une pâte émeri, qui provoque vite une usure prématurée.

On contrôle ensuite la chaîne pour en remplacer éventuellement les maillons défectueux.

Après nettoyage, laisser sécher la chaîne, puis la regraisser. Mois il faut veiller à utiliser un lubrifiant de consistance appropriée, aux con­ditions de travail de la transmission (température – vitesse linéaire, etc…). Dons un bain de graisse liquéfiée par réchauffage à env. 73° tremper la chaîne nettoyée en la remuant pour en éliminer l’air entre axes, faux-rouleaux et rouleaux, et permettre ainsi à la graisse de s’y infiltrer. Dès qu’il ne monte plus de bulles d’air on peut admettre que tous les interstices sont remplis. Retirer ensuite la chaîne hors du bain et en enlever le surplus de graisse extérieure, car elle ne servi­rait que de ramasse-poussières, également causes d’usure prématurée. (Le lubrifiant superflu s’écoule facilement si on a soin de laisser la chaîne suffisamment longtemps dans le bain pour qu’elle prenne sa température).

Avant de replacer la chaîne sur le pignon, on en nettoie les dents pro­prement avec une brosse dure et du pétrole, en contrôlant surtout si les dents n’en sont pas trop fortement usées, c. à. d. si elles ne pré­sentent pas déjà de crochets trop prononcés.

Montage des transmissions

Directives générales

Contrôle des arbres et des pignons.

Contrôler aussi si les pignons sont parfaitement en ligne. Des pignons qui ne sont pas bien en ligne disloquent la chaîne et en provoquent une usure rapide. Le brin entraîneur (brin tendu) doit autant que possible se trouver sur le dessus. La plus grande attention doit être accordée à la tension correcte de la chaîne. Elle ne peut être trop tendue mais doit conserver un léger mou.

Mou de la chaîne

Une chaîne trop tendue saute et grippe facilement. De plus elle s’use très vite à l’endroit des frictions. Cela provoque un allongement exa­géré, qui peut conduire à la destruction complète de la chaîne. De plus, sur des chaînes trop tendues les rouleaux peuvent éclater, surtout lorsqu’on monte des chaînes neuves sur des pignons déjà fortement usés. Par contre, des chaînes trop lâches grimpent facilement et sau­tent. Si un maillon s’est usé particulièrement vite, il faut le remplacer immédiatement, car un unique maillon défectueux peut détériorer complètement toute la chaîne.

Il est clair que dans une chaîne à nombre de maillons impairs, le maillon coudé est toujours le point faible. Nous conseillons en conséquence partout où c’est possible l’utilisation de chaînes à nombre de mail­lons pairs, en modifiant éventuellement l’entre axes ou bien en utili­sant un tendeur. Dans les chaînes silencieuses, si l’on est obligé d’uti­liser un maillon coudé, il est bon de choisir la combinaison immédia­tement supérieure, pour avoir approximativement la même marge de sécurité contre la rupture.

De toute façon, dès qu’une chaîne est montée avec maillons coudés, on ne peut tabler que sur environ 80% de lacharge de rupture normale. Ne montez jamais une chaîne neuve sur un pignon usé.

Pignons pour chaînes à rouleaux

Forme des dents des pignons

Une taille appropriée des dents est aussi importante pour un fonction­nement parfait de la transmission qu’une chaîne de qualité travaillée avec précision. La taille doit être effectuée de telle sorte que la chaîne puisse se dérouler presque sans aucune friction. Cette taille doit éga­lement tenir compte de l’allongement progressif de la chaîne.

Contrôle des pignons

Lors du remplacement de pignons usés par des neufs, il faut d’abord se persuader que la taille des dents du pignon correspond parfaitement à la chaîne. Si les dents sont correctement taillées, la chaîne doit Pouvoir s’enrouler facilement sur toute la circonférence du pignon, comme l’indique la figure ci-dessous. Sinon on ne parvient à poser la chaîne qu’avec force dans les alvéoles ou bien elle accuse un léger jeu dans le sens de la longueur.

Sur les pignons dont l’épaisseur est plus forte que celle des dents taillées, le diamètre de la couronne à la base des dents doit être tel que les joues des maillons de la chaîne ne portent pas sur la couronne, sinon on s’expose à une usure très rapide de la chaîne. Il y a donc lieu de respecter scrupuleusement les prescriptions y relatives.

Influence du nombre des dents du pignon

Etant donné que l’usure provient principalement de la rotation de l’axe dans le faux rouleau, il est aisé de comprendre que de 2 transmissions qui travaillent dans les mêmes conditions (N1 = N2, n1 = n2), c’est la chaîne qui travaille sur un pignon à petit nombre de dents et à grande vitesse, qui s’usera beaucoup plus vite que celle posée sur un pignon à grand nombre de dents et tournant moins vite.

Mouvements angulaires sur des pignons de 12 et de 25 dents.

Moins de dents aura le pignon, plus la chaîne sera soumise aux efforts polygonaux – qui provoqueront une usure rapide par un allongement pré­maturé de la’ chaîne et de la trans­mission, plus saccadée et moins silencieuse sera la marche, plus le tout sera soumis à une déformation irrégulière. De plus la lubrification de la chaîne en pâtit.

Le nombre des dents du pignon me­nant a une plus grande importance sur la durée et la marché silencieuse d’une transmission que ce que l’on croit généralement.

Autant que possible on ne devrait donc jamais descendre en-dessous   de 10 a 12 dents. S’en tenir de préférence à un nombre premier pour ces dents (p. ex. 17, 19, 23, 29, 31…1 afin d’éviter que la même dent du pignon engrène toujours le même maillon. On obtient ainsi une usure plus régulière de la chaîne et du pignon.

Pour la grande roue dentée, il est conseillé de ne pas dépasser 120 dents, car au-delà les minimes tolérances inévitables dans le pas de la chaine peuvent provoquer des désagréments. Dès que la chaîne s’al­longe, l’engrènement se produit de plus en plus vers la tête des dents, provoquant une usure rapide de la chaîne qui devra être remplacée plus rapidement.

Rapports de réduction

Au moyen des pignons précités, les différentes combinaisons permet­tent une réduction dans la proportion de 7 : 1. Mais il est évidemment toujours possible de fabriquer d’autres grandeurs de pignons permet­tant d’autres rapports. Le meilleur résultat est obtenu dans des transmissions (i 3) lorsque le nombre des dents du petit pignon (n) peut être déterminé de manière que la roue ait 60 à 70 dents (N).

Les rapports inversés, où le petit pignon est entraîné (surmultiplication) sont toujours défavorables et demandent donc à être contrôlés très soigneusement. En tout cas, il est alors conseillé de réduire ce rapport le plus possible et de conserver au moins 25 dents ou plus au pignon mené (surtout à vitesse de rotation élevée).

Entre-axes-Pignons – Tendeurs et pignons-supports – Rails-supports.

Normalement l’entre-axe devrait correspondre à environ 40 fois le pas de la chaîne. On peut toutefois le raccourcir jusqu’à ce que les dents des 2 pignons soient presque en contact (comme p. ex. dans la construction des moteurs, où l’on doit bien tenir compte d’un minimum d’encombrement). Mais ces solutions vont malheureusement sur le compte de la durée de la chaîne, parce que chaque maillon est plus souvent engrené. Avec des entra-axes plus grands qui sont également réalisables, il faut tenir compte de l’influence du poids de la chaîne sur les paliers. De plus, il faut prévoir alors des pignon-tendeurs et des pignons-supports. Eviter autant que possible les poulies-tendeurs et poulies-supports, sans denture. On peut recommander l’utilisation de rails-guides ou rails-supports en matière synthétique, en vue d’éviter les vibrations.

Une solution très avantageuse est de prévoir un réglage des entre-axes. Toute chaîne neuve s’étire au début pendant le rodage et il est alors facile de rattraper l’allongement. Cet allongement se mani­feste toujours au cours des premiers jours de travail, diminue dès que la chaîne est correctement rodée et qu’on a rectifié l’entre-axe, pour disparaître ensuite complètement. Il ne se produit plus alors que l’usure progressive naturelle au cours de l’usage. Les trans­missions à petit entre-axe ou verticales exigent un réglage plus précis que les transmissions travaillant obliquement ou horizontalement.

Allongement maximum des chaînes

Il n’est malheureusement pas encore possible de pouvoir déterminer à l’avance avec certitude la durée que l’on peut attendre d’une transmission. On peut toutefois considérer. que l’allongement maxi­mum des chaînes peut être évalué à env. 3 % . Dans les cas de transmission avec un rapport de réduction i = 1, il peut même arriver que cette valeur soit encore dépassée. Pour des raisons de sécurité, il est toutefois recommandable de procéder au remplace­ment de la chaîne par une neuve dans ce cas, parce qu’une chaîne trop fortement allongée ne travaille plus correctement.

Lubrification

Un graissage adéquat peut influencer de façon décisive la durée de vie d’une transmission.

Le genre de lubrification dépend de la vitesse linéaire. Plus grande est la vitesse, d’autant plus intensif doit être le graissage.

Pour le graissage par barbottage, il faut choisir une huile fluide de grande onctuosité. Mais le niveau doit être calculé de telle sorte qu’un morceau de la chaîne baigne légèrement dans l’huile. Un niveau trop élevé diminue le rendement de la transmission par suite d’une trop grande résistance et provoque un échauffement exagéré de l’huile.

Le genre de lubrifiant dépend de la vitesse linéaire et de la tempé­rature du travail. Le lubrifiant à utiliser est à déterminer de telle sorte qu’un film lubrifiant suffisamment tenace protège toutes les articulations.

Veillez surtout à ce que le lubrifiant soit amené correctement aux endroits soumis aux frictions :

Erreurs de montage des pignons

Montage déporté de la chaîne

Les 2 pignons, c. à. d. le pignon menant et le pignon mené sont bien parallèles, mais sont déportés l’un par rapport à l’autre de la distance

La chaîne doit donc travailler avec torsion latérale, ce qui provoque un frottement exagéré des joues des maillons sur les dents et leur usure rapide, en même temps que la poussée latérale dérive les axes petit à petit. La chaîne travaille par saccades et s’étire de façon anormale à la suite de frictions exagérées entre axes et faux rou­leaux.

Zone de Texte: lubrification défectueuse	lubrification correcteZone de Texte:  Zone de Texte:  Déviation des pignons

Les pignons étaient bien alignés au début, mais comme le mécanisme qui supporte le pignon mené n’était pas guidé, il s’est déplacé lors de sa fixation définitive, prenant une position de travers (angle B) par rapport à la ligne du pignon moteur. Les conséquences en sont les mêmes qu’au paragraphe précédent, mais il se produit en plus une poussée axiale sur les arbres.

Mauvais alignement des pignons

Les pignons ne sont pas alignés. Il s’en suit que le pignon entraîné prend par rapport au pignon moteur une position de travers correspondant à l’angle B. Dans ce cas égale­ment, la chaîne travaille dans de très mauvaises conditions et sera vite hors d’usage.

Partager l'article